Construire, agrandir, modifier
: toutes les démarches à suivre.
Un propriétaire n'a pas tous les droits. Loin s'en faut. L'aménagement
des combes, la construction d'un garage sur un terrain ou le percement d'une
fenêtre dans un mur sont des interventions qui souvent ne peuvent être entreprises
que si elles ont été autorisées par l'administration. Explications.
En matière d'aménagement, qu'il s'agisse de travaux à l'intérieur ou à l'extérieur
du logement, d'agrandissement et à plus forte raison de construction, la première
préoccupation du propriétaire doit être de vérifier que ses projets ne requièrent
pas l'obtention d'un permis de construire. Selon les dispositions de l'article
L 421-1 du code de l'urbanisme, cette exigence est requise pour toutes les opérations
de construction, qu'elles soient ou non destinées à un usage d'habitation. Quand
aux bâtiments, ceux avec fondation sont logés à la même enseigne que ceux qui
n'en ont pas. Enfin, lorsqu'il s'agit de modification sur une construction déjà
existante, les travaux qui changent la destination, modifient l'aspect extérieur
ainsi que le volume ou ont pour effet de créer des niveaux supplémentaires requièrent
une autorisation de l'administration.
Ce n'est qu'une fois que l'administration s'est assurée que le projet de construction
respecte le plan d'occupation des sols, les règles nationales d'urbanisme, de
sécurité, de salubrité, d'alignement, la protection des monuments historiques
et des sites naturels que le permis de construire ou la déclaration de travaux
est délivrée.
LES CAS OU LE PERMIS DE CONSTRUIRE N'EST PAS NECESSAIRE
Signalons d'emblée
les quelques circonstances où l'autorisation préalable de l'administration n'est
pas requise. Le propriétaire retrouve sa liberté lorsque l'ouvrage projeté est
de faible importance. Sont concernées les constructions dont la surface au sol
est inférieure à 2 m² et la hauteur inférieure à 1,5 m, les murs de moins de
2 m de haut non assimilables à une clôture, les terrasses de moins de 0,60 m
de haut, les installations temporaires de chantier, les statues, monuments et
oeuvres d'art de moins de 12 m de haut et 40 m3.
Certaines constructions ou travaux de faible importance sont soumis à déclaration
préalable.
Sont ici visés les travaux qui ne changent pas la destination d'une construction
et qui ne créent pas de surface de plancher nouvelle ou s'ils ont pour effet
d'agrandir une surface de plancher existante sur un terrain supportant déjà
un bâtiment, celle-ci ne doit pas être supérieure à 20 m2.. Sont également concernés,
l'installation de piscine non couverte ainsi que les châssis et les serres d'une
superficie inférieure à 2000m² dont la hauteur est comprise entre 1,50 m et
4 m, les travaux de ravalement, les travaux consistant à implanter une habitation
légère de loisirs de moins de 35 m2 de surface hors oeuvre nette sur des terrains
spécialement autorisés, les travaux sur les immeubles classés, certains types
de clôtures, dans certaines communes. Important : un permis de construire est
parfois nécessaire, en toute circonstance, lorsque l'habitation est dans une
zone classée.
Dans le délai d'un mois, le maire peut faire connaître son opposition à la
demande ou émettre des prescriptions particulières en les motivant. Il peut
également faire connaître au déclarant que le délai est porté à deux mois si
l'installation est située dans un site classé ou une zone de monuments historiques
ou enfin demander des pièces complémentaires. Dans ce dernier cas, le délai
court à compter de la réception en mairie des pièces complémentaires réclamées.
Enfin, dans le meilleur des cas, lorsque la déclaration préalable n'est suivie
d'aucune réaction de l'administration, les travaux peuvent être entrepris.
Avant d'envisager le détail de la procédure à suivre pour accomplir des travaux
d'aménagement de modification ou de construction, signalons le cas des travaux
dans une copropriété où les contraintes liées au règlement de copropriété peuvent
accessoirement s'ajouter à celles inhérentes à l'obtention du permis de construire.
LE CERTIFICAT D'URBANISME
Pour savoir si un terrain est constructible, un certificat d'urbanisme peut
être demandé à la mairie. Remis gratuitement, ce document indique si le terrain
peut être affecté à la construction ce qui permet à quiconque de savoir si tel
ou tel terrain est constructible. Il convient d'adresser une demande par lettre
recommandée avec accusé de réception en 4 exemplaires à la mairie et d'y joindre
un plan de situation, la photocopie d'une carte au 1/25.000e ou d'un plan de
cadastre ainsi qu'un plan du terrain, une notice descriptive indiquant explicitant
sommairement le projet (surfaces de plancher, hauteur de construction, implantation
sur le terrain).
Comment obtenir un certificat d'urbanisme?
Le dossier est instruit soit par la mairie elle-même si le plan d'occupation
des sols de la commune est approuvé, soit par la préfecture (Direction départementale
de l'équipement) dans la négative. A défaut de réponse de l'administration dans
un délai maximal de deux mois, il convient de saisir le tribunal administratif.
En cas de réponse positive, le projet peut être réalisé. En cas de refus, un
recours peut être exercé devant le ministre de l'Equipement devant le tribunal
administratif dans les deux mois de la notification de la décision.
Le certificat d'urbanisme est valable un an. Le cas échéant, il est recommandé
de déposer une demande de permis de construire pendant la durée de validité
du certificat d'urbanisme. En effet, les indications de ce document au regard
du classement du terrain à l'égard du plan d'occupation des sols, de son emprise
éventuelle sur une zone d'aménagement concerté (Z.A.C.), des limitations du
droit de propriété (droit de préemption d'une collectivité locale, projet d'expropriation,
contraintes d'alignement) et des règles relatives à la construction (aspect
extérieur, densité de construction, implantation du bâtiment sur le terrain,...
) ne peuvent pas être modifiées.
Bon à savoir : la durée de validité du certificat d'urbanisme peut être
prolongée une fois, pour une durée d'un an par la mairie si cette demande est
formulée par lettre recommandée avec accusé de réception à la mairie deux mois
au moins avant l'expiration du délai. Cependant, en cas de modifications des
règles d'urbanisme, la mairie n'est pas tenue de donner une réponse positive.
LE CAS DES TRAVAUX DANS UNE COPROPRIETE
Selon l'article 9 de la loi du 10 juillet 1965 sur la copropriété, un copropriétaire
peut aménager son lot en toute liberté, à condition, toutefois, qu'il respecte
la destination de l'immeuble et les droits des autres copropriétaires. Il en
résulte qu'un copropriétaire peut aménager les parties privatives qui lui appartiennent
à sa guise mais il doit veiller à ne pas porter atteinte ni à la solidité et
à l'esthétique de l'immeuble ni aux droits des autres copropriétaires.
Ainsi, à titre d'exemple, l'installation de cloisons dans un appartement ou
l'ouverture d'une porte dans un mur non porteur peuvent être réalisés sans autorisation
de l'assemblée générale. En revanche, lorsque les travaux affectent les parties
communes, changent l'apparence extérieure de l'immeuble ou modifient sa destination
(par exemple la transformation d'un logement en local commercial), l'autorisation
de l'assemblée générale doit obligatoirement être préalablement obtenue. Selon
les cas, la majorité absolue des votes des copropriétaires ou l'unanimité des
voix sera requise. Ainsi par exemple, il a été jugé que l'installation d'un
ascenseur dans un immeuble de standing pouvait être refusée parce qu'elle portait
atteinte à son harmonie
COMMENT DEMANDER UN PERMIS DE CONSTRUIRE ?
Une demande de permis de construire suppose la constitution d'un dossier en
quatre exemplaires. Il s'agit d'un résumé précis de l'identité et de l'état
du demandeur et des caractéristiques du projet. Cette demande comporte un formulaire
de demande de permis de construire qui peut être retiré soit à la mairie soit
à la subdivision locale de la direction départementale de l'équipement ainsi
que le plan de situation du terrain établi à une échelle comprise entre 1/5000
et 1/25000.
Outre le plan de masse des constructions à édifier, des surélévations ou des
extensions, coté dans les 3 dimensions à une échelle de 1/50 à 1/500, le dossier
doit inclure les plans des différentes façades du ou des bâtiments à l'échelle
de 1/50 ou de 1/100. Selon les cas, différentes pièces complémentaires sont
requises, notamment lorsque la construction doit être édifiée sur un terrain
inclus dans un lotissement ou en cas de construction d'immeuble de grande hauteur
auquel cas doivent être joints les plans et documents nécessaires à la formulation
de l'avis de la commission de sécurité.
Lorsque les travaux entraînent une modification des façades, lorsque le projet
se situe dans la zone urbaine du POS si ce dernier n'est pas dans une zone protégée,
la demande doit en outre comporter un volet paysager avec 2 photos pour situer
le terrain à construire dans le paysage (les points et angles de vue doivent
être reportés sur le plan de masse), une notice décrivant le paysage et l'insertion
de la construction dans son environnement. Précisions cependant que les mairies
peuvent demander ces compléments en toutes hypothèses. Une fois constitué, le
dossier doit être déposé ou adressé en recommandé avec accusé de réception à
la mairie du lieu des travaux.
LE COUT DU PERMIS DE CONSTRUIRE
Le permis de construire est gratuit. Toutefois la création d'une surface
habitable de plus de 5m² entraîne la perception de taxes d'urbanisme dont le
mode de calcul et le montant doivent être précisés sur le permis. A défaut,
elles ne sont pas dues et il est possible de réclamer leur remboursement pendant
5 ans.
Délai d'obtention du permis
Dans les 15 jours suivant le dépôt de la demande, un avis de dépôt de demande
de permis est affiché en mairie afin d'informer le public et un avis de réception
est adressé au demandeur, notifiant la date et le numéro d'enregistrement de
sa demande ainsi qu'un délai d'instruction. A défaut d'avis de réception dans
le 15 jours, il convient de saisir le destinataire de la demande par lettre
recommandée avec accusé de réception et adresser une copie de cette mise en
demeure au préfet. Le délai maximal de l'instruction du dossier est en général
de deux mois. Si aucune décision n'intervient dans le délai annoncé, ce silence
équivaut à l'octroi tacite du permis de construire. Il est toutefois recommandé
dans ce cas, de demander une attestation certifiant qu'aucune décision négative
n'est intervenue.
Dans les communes disposant d'un plan d'occupation des sols approuvé, la décision
est généralement prise par le maire, au nom de la commune. Dans tous les cas,
la décision, prise sous forme d'arrêté, est notifiée directement par lettre
recommandée avec accusé de réception. Le permis de construire a alors une durée
de validité de deux ans.
Le délai de validité du permis peut être prolongé si les travaux n'ont pas
débuté dans les délais prévus. Cette demande doit être faite par lettre recommandée
avec accusé de réception auprès de la mairie deux mois au moins avant l'expiration
de son délai de validité. En cas d'accord, la validité du permis peut être prolongée
d'un an à compter de la décision.
Publicité du permis de construire
Les permis de construire accordés font l'objet de mesures de publicité sur le
terrain et à la mairie, destinées à faire courir le délai de recours contentieux.
Le titulaire du permis de construire doit l'afficher sur le terrain dès qu'il
le reçoit et pendant toute la durée des travaux. Le permis de construire est
également affiché en mairie pendant deux mois et le dossier y est consultable
pendant 1 an et 1 mois après l'affichage. Là, figurent le nom du demandeur,
le numéro et la date d'enregistrement de la demande, l'adresse du terrain, la
hauteur, la surface et la destination de la construction.
Les litiges liés au permis de construire
Le demandeur d'un permis de construire qui se voit opposer un refus peut
exercer un recours auprès de l'auteur du refus ou de son supérieur hiérarchique
afin de demander l'annulation de ce refus dans un délai de deux mois à compter
de la date de notification de la décision. Dans ce cas, une simple lettre rappelant
les références du dossier suffit. Un recours contentieux peut également être
exercé auprès du président du tribunal administratif dont dépend le lieu du
projet de construction dans un délai de deux mois à compter de la date de refus.
Signalons enfin que le permis de construire est délivré sous réserve des droits
des tiers. Ces derniers sont en droit de contester la légalité de l'octroi d'un
permis de construire et peuvent exercer un recours dans un délai de deux mois
suivant le dernier des deux affichages du permis en mairie et sur le terrain.
La déclaration d'ouverture du chantier
Dès que le permis de construire a été délivré, les travaux peuvent être engagés,
et ce, dans un délai de deux ans à compter de la date de délivrance du permis.
Dès le début des travaux, le bénéficiaire du permis doit faire une déclaration
d'ouverture du chantier à la mairie de la commune où la construction est entreprise.
Bon à savoir Avant le début des travaux, un panneau d'au moins 80 cm
de côté où figurent le nom du propriétaire, la date du permis, la nature des
travaux entrepris doit être affiché sur le terrain Lorsque les travaux ont été
interrompus pendant plus d'un an ou s'ils n'ont pas commencé plus de 2 ans après
l'obtention du permis de construire, un renouvellement du permis doit être demandé.
Un mois avant le commencement des travaux, une déclaration en 2 exemplaires
de l'objet et de la nature des matériaux utilisés doit être envoyée à la mairie.
Une déclaration d'ouverture de chantier doit être adressée à la mairie en 3
exemplaires lors de l'ouverture du chantier.
Le recours à un architecte est-il obligatoire ? Selon les articles L. 421-2
et R. 421-1-2 du code de l'urbanisme, une demande de permis de construire peut
être formulée sans l'assistance d'un architecte pour les constructions de moins
de 170 m². Cette règle a été explicité depuis une réponse ministérielle de 1994
et un arrêt du Conseil d'Etat de 1995 selon lesquelles, la dispense d'architecte
n'est admise que si l'agrandissement n'excède pas lui-même 170 m² et si l'extension
ne porte pas la superficie totale projetée au-delà de 170 m². Il en est de même
en cas d'aménagements intérieurs et généralement pour tous travaux n'entraînant
pas de modifications visibles de l'extérieur.
Les modifications du permis de construire
Lorsque qu'un permis de construire a été accordé, il est possible de faire
une demande de permis de construire modificatif pendant la réalisation des travaux
de construction. Cette demande formulée sur un document à retirer auprès de
la Mairie. Mais attention. Les demandes de modifications ne peuvent porter que
sur des points mineurs. Si la transformation est jugée trop importante, le dossier
doit être réexaminé dans son ensemble dans le cadre d'une nouvelle procédure
de demande de permis de construire.
Bon à savoir : il est très vivement déconseillé de modifier un projet
de construction sans autorisation car celles-ci peuvent justifier un refus de
délivrance du certificat de conformité.
La fin des travaux et le certificat de conformité
Dans les 30 jours suivant la fin de la construction, le constructeur doit déclarer
l'achèvement des travaux à l'aide d'un formulaire qui lui a été adressé lors
de l'ouverture de chantier. Cette information permet à l'administration, une
fois vérification faite, de délivrer un certificat attestant de la conformité
de la construction. Signalons que ce certificat est indispensable pour bénéficier
des exonérations fiscales prévues en matière immobilière ou lorsqu'une aide
de l'état a été obtenue. Lorsque le maire refuse de signer le certificat de
conformité, les motifs de ce refus sont notifiés ainsi que le caractère irrégulier
de la construction.
LA CONSTRUCTION D'UNE MAISON INDIVIDUELLE
Pour faire construire une maison sur un terrain, le propriétaire doit s'adresser
à un constructeur de maison individuelle. Celui-ci peut élaborer le plan de
la future maison et se charger de la réalisation de tout ou partie des travaux.
En tout état de cause, le projet de construction doit être conforme aux règles
d'urbanisme. Le Conseil d'Architecture d'Urbanisme et de l'Environnement (CAUE),
peut fournir toutes informations utiles sur ses différentes questions. Avant
d'arrêter son choix sur un constructeur, il faut impérativement vérifier que
ce dernier possède une garantie de livraison dont l'objet et de permettre l'achèvement
des travaux en cas de défaillance de sa part, une assurance de responsabilité
professionnelle et une assurance de responsabilité décennale. Pour sa part,
le propriétaire doit souscrire une assurance dommage-ouvrage avant l'ouverture
du chantier.
LE CONTRAT DE CONSTRUCTION DE MAISON INDIVIDUELLE
Le contrat de construction de maison individuelle est strictement réglementé
afin que l'information et la protection du client soit la plus complète possible.
Doivent figurer notamment les conditions suspensives dont l'exécution est indispensable
pour permettre la réalisation de la construction. Ces clauses sont relatives
à la qualité de propriétaire du terrain, à l'obtention éventuelle des crédits
nécessaires au financement, à l'obtention du permis de construire et à la souscription
de l'assurance dommages-ouvrage et de la garantie de livraison.
Le contrat de construction doit prévoir le remboursement de toutes les
sommes préalablement versées et la nullité du contrat lorsque ces différentes
conditions ne sont pas réalisées à une date prévue contractuellement ou au plus
tard à la date d'ouverture du chantier.
L'ensemble des travaux indispensables à l'implantation, l'adaptation au
sol et à l'utilisation de la maison ainsi que les travaux de raccordements à
l'égout et aux autres réseaux publics doivent être décrits dans le plan et la
notice descriptive des travaux. Lorsque les travaux indispensables ne sont pas
inclus dans le prix, les frais qu'ils représentent doivent être indiqués dans
la notice. A compter de la signature du contrat, l'exécution du contrat peut
être demandée au constructeur, au prix indiqué, dans un délai de quatre mois.
Le prix global de la construction doit naturellement être précisé. Toutefois,
ce prix doit inclure les taxes dues par le constructeur, le coût du plan, celui
de la garantie de livraison et éventuellement celui de la garantie de remboursement
et les frais d'études du terrain ainsi que les frais liés aux travaux indispensables
à l'implantation.
La date d'ouverture du chantier, le délai d'exécution des travaux et les
pénalités prévues en cas de retard de livraison ainsi que, le cas échéant, les
conditions de la révision du prix doivent être mentionnés.
Le paiement fractionné du prix s'effectue selon l'avancement des travaux
et dans les proportions suivantes. 15 % à l'ouverture du chantier, 25 % à l'achèvement
des fondations, 40 % à l'achèvement des murs, 60 % à la mise hors d'eau, 75
% à l'achèvement des cloisons et à la mise hors d'air, 95 % à l'achèvement des
travaux d'équipements, de plomberie, de menuiserie et de chauffage. Le solde
est versé à la réception.
Signalons que le constructeur bénéficiaire d'une garantie de remboursement
accordé par un établissement de crédit ou une société d'assurance peut exiger
des paiements prévus avant l'ouverture du chantier à hauteur de 5 % à la signature
du contrat et de 10 % lors de la délivrance du permis de construire. En l'absence
de garantie de remboursement, le versement d'un dépôt de garantie limité à 3
% du prix de la construction.
RENONCER AU CONTRAT
Le contrat de construction de maison individuelle signé doit être adressé par
le constructeur en recommandé à la personne qui sollicite son intervention.
A compter de sa réception, il est possible de renoncer à l'engagement pris,
par lettre recommandée, dans un délai de 7 jours. Les sommes versées lors de
la signature du contrat doivent être intégralement remboursées sans pénalité.
LA SIGNATURE DU CONTRAT DE CONSTRUCTION DE MAISON INDIVIDUELLE
Faute de renonciation dans le délai de sept jours précité, le contrat ne peut
être annulé que si l'une des conditions suspensives prévues ne se réalise pas.
Le " client " a donc grand intérêt à suivre et à contrôler l'exécution des travaux.
Ce faisant, et avec l'accord du propriétaire du terrain sur lequel la construction
a lieu, le banquier verse les fonds à l'entrepreneur, selon les modalités prévues
à chaque stades des travaux. En cours de chantier, le projet peut être modifié.
Cela suppose l'accord du constructeur puis la signature d'un avenant au contrat
qui fixe les conditions financières et techniques de leur réalisation. Si un
retard de livraison ou l'arrêt des travaux survient, il convient de mettre le
constructeur en demeure de livrer l'immeuble ou d'exécuter les travaux. L'organisme
qui a donné la garantie de livraison doit être informé de ses incidents.
L'ACHEVEMENT DES TRAVAUX ET LE PAIEMENT DU SOLDE
Une fois les travaux terminés, la réception de la maison intervient. L'assistance
d'un professionnel du bâtiment capable de donner le change au constructeur est
vivement recommandée. Dans ce cas, en l'absence de désordre apparent, le solde
du prix doit être payé. Si des désordres apparaissent, ils doivent être soigneusement
consignés dans le procès-verbal de réception et solde du prix, soit 5 % maximum
du coût global de l'opération est bloqué jusqu'à la remise en ordre des désordres
constatés. Si la réception à lieu sans l'assistance d'un professionnel du bâtiment,
le " client " bénéficie d'un délai de huit jours à compter de la remise des
clés pour signaler par lettre recommandée les désordres apparents éventuels.
Le solde du prix doit être versé à l'expiration de ce délai, sauf si un quelconque
désordre apparaît dans ce délai. Dans ce cas, comme précédemment, 5 % maximum
du prix seront consignés jusqu'à la réparation des désordres signalés.
Précision sur la TVA à 5,5 % et travaux
Dans une instruction récente, l'administration fiscale a précisé les modalités
d'application de l'abaissement à 5,5 % du taux de TVA sur les factures émises
depuis le 15 septembre 1999 pour des travaux effectués par des professionnels
sur des logements d'habitation achevés depuis plus de 2 ans. Cette TVA réduite
porte sur les travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien
des locaux à usage d'habitation à l'exclusion des travaux de construction ou
de reconstruction.
La distinction entre travaux de rénovation et travaux de construction
L'administration fiscale précise que les opérations de rénovation d'immeubles
anciens ne sont pas soumises au taux de 5,5 % lorsqu'elles s'assimilent à la
production d'un immeuble neuf. Sont considérées comme telles et relèvent du
taux de 19,6 %, les travaux entrepris sur des immeubles existants qui ont pour
effet de créer de nouveaux locaux précédemment affectés à un autre usage, d'apporter
une modification importante au gros œuvre de l'immeuble existant, d'y réaliser
des aménagements internes qui, par leur importance, équivalent à une véritable
reconstruction ou d'en accroître le volume ou la surface.
Toutefois, l'application de ces critères dépend essentiellement des circonstances
de fait propres à chaque opération et l'administration précise qu'il ne peut
être statué qu'au vu des éléments permettant d'apprécier les caractéristiques
de l'opération et notamment de la demande éventuelle de permis de construire
ou de l'arrêté portant permis de construire, du permis de démolir éventuel,
des plans avant et après travaux correspondant au permis de construire et le
devis descriptif et chiffré des travaux ou tout autre document permettant d'établir
la nature ou la consistance de l'opération.
Les travaux correspondant à la dépose et la pose de la toiture d'une maison
achevée depuis plus de deux ans faisant suite à la surélévation des locaux sont
soumises, comme les travaux de surélévation, supportent une TVA au taux de 19.6
% lorsque la pose d'un toit neuf est rendue nécessaire par les travaux de surélévation
de l'immeuble.
Travaux de construction ou de reconstruction suite à sinistre Les travaux de
construction ou de reconstruction relèvent toujours du taux normal, y compris
lorsqu'ils portent sur une habitation affectée par un sinistre.
Creusement d'une cave
Le creusement d'une cave, par exemple, dans un garage existant, constitue des
travaux d'agrandissement d'une dépendance. Ces travaux relèvent donc du taux
normal.
Travaux de démolition
Les travaux de démolition partielle sont soumis au taux réduit si la démolition
est réalisée pour les besoins de travaux d'aménagement, d'amélioration, de transformation
ou d'entretien de locaux d'habitation. Tel est le cas de la démolition d'un
cloisonnement ou d'un plancher préexistant. Les travaux de démolition relèvent
du taux normal dans les autres cas, notamment en cas de démolition totale, que
celle-ci soit pure et simple ou suivie d'une reconstruction.
Pose d'équipements dans les additions de construction
Les additions de construction sont considérées comme des constructions neuves.
Ces travaux sont donc soumis au taux normal lorsqu'ils portent exclusivement
sur l'addition de construction. Dans certains cas, les travaux peuvent porter
également sur la partie déjà existante des locaux d'habitation.
Lorsque les travaux peuvent être distingués (par exemple, peinture des pièces
comprises dans l'addition de construction et des chambres situées dans le logement
existant), il est admis que le prestataire puisse ventiler sur sa facture, en
fonction d'un critère d'affectation physique, les travaux relevant du taux réduit
et du taux normal.
Lorsque les travaux affectent de manière non individualisable l'ensemble du
logement (par exemple, installation d'un système de chauffage central, changement
de canalisations parcourant un appartement, pose d'un compteur électrique),
le coût des travaux doit être ventilé en fonction de la surface (ou du volume
ou à défaut de tout autre élément probant) de l'addition de construction et
de sa partie pré-existante. A défaut d'un critère d'affectation physique ou
de ventilation, l'ensemble des travaux relève du taux normal. Il est admis que
lorsque l'installation d'un équipement du type chaudière, escalier ou ascenseur
nécessite la création d'une addition de construction, les travaux y afférents
demeurent soumis au taux réduit dès lors que l'addition de construction n'est
réalisée que pour les besoins de l'installation de cet équipement, que cette
addition de construction reste marginale et qu'elle n'aboutisse pas à une augmentation
de la surface habitable. Tel est le cas, par exemple, de la construction d'un
local destiné à abriter une chaudière installée dans une habitation qui en était
dépourvue. En revanche, la création d'une addition de construction afin d'installer
une salle de bains dans un local qui en était dépourvu relève du taux normal
dès lors que cette opération conduit à augmenter la surface habitable du logement.
LA TRANSFORMATION EN LOGEMENTS DE LOCAUX PRÉALABLEMENT AFFECTES A UN AUTRE
USAGE
Les travaux de transformation en logements de locaux préalablement affectés
à un usage autre que l'habitation sont soumis au taux réduit pour autant qu'ils
ne concourent pas, par leur nature et leur ampleur, à la production d'un immeuble
neuf.
Aménagement de greniers ou de combles
Les travaux d'aménagement de combles et de greniers sont, en principe, soumis
au taux réduit dans la mesure où ils ont pour seul objet de permettre une meilleure
utilisation de l'espace. La création d'un plancher, le renforcement ou le remplacement
d'une charpente ou d'un plancher, peuvent notamment bénéficier du taux réduit.
En revanche, une opération d'aménagement de combles comportant des travaux de
surélévation, même partielle, de la toiture relève dans sa totalité du taux
normal. Cela étant, il est admis que la création de "chiens assis" ne remette
pas en cause l'application du taux réduit.
Transformation d'une grange ou d'un local professionnel en logement ou dépendance
de logement
Les travaux de transformation d'un local professionnel en logement ou dépendance
de logement sont soumis au taux réduit dès lors que, par leur nature et leur
ampleur, ils ne concourent pas à la production d'un immeuble neuf. Ainsi, la
transformation en pièce à usage d'habitation d'une ancienne grange d'une maison
individuelle peut être soumise au taux réduit, étant précisé que la simple création
d'ouvertures (portes et fenêtres) ne suffit pas à elle seule à caractériser
une construction neuve.
En revanche, la transformation en local d'habitation d'un ancien bâtiment
industriel relève généralement, sous réserve de l'examen des circonstances de
fait, d'une opération concourant à la production d'un immeuble neuf, en raison
de l'importance des travaux nécessaires pour rendre ces locaux habitables (démolition
complète de l'intérieur, modifications généralement apportées au gros oeuvre)
Travaux portant sur les vérandas, loggias, balcons et terrasses Les travaux
d'installation d'une véranda ou de fermeture d'un balcon, d'une loggia ou d'un
auvent maçonné (par exemple par pose de baies vitrées) relèvent du taux normal
dès lors qu'ils ont pour effet d'augmenter la surface habitable disponible.
En revanche, les auvents, marquises en verre, plastique ou autres matériaux
rigides exclusivement destinés à abriter les portes d'entrée des locaux d'habitation
sont soumis au taux réduit lorsqu'ils sont fixés au mur.
Les autres travaux portant sur les vérandas, loggias, balcons et terrasses,
qui n'aboutissent pas à une augmentation de la surface habitable disponible,
peuvent bénéficier du taux réduit. Tel est le cas, par exemple, de la réfection,
du revêtement ou du remplacement des fermetures existantes, quels que soient
les matériaux utilisés. Remplacement d'un toit par une terrasse Les travaux
de remplacement d'un toit par une terrasse relèvent du taux normal lorsque ces
travaux permettent l'accessibilité à la terrasse ainsi créée et ont ainsi pour
effet d'augmenter la surface de l'immeuble.
TRAVAUX A L'EXTÉRIEUR OU DANS LES ESPACES VERTS ATTENANTS AUX HABITATIONS
S'agissant des allées de jardin, le taux réduit s'applique aux travaux concernant
l'allée privative qui permet de se rendre du domaine public à l'habitation,
pour autant, bien entendu, que cette habitation soit achevée depuis plus de
deux ans. Il est toutefois précisé que les travaux effectués sur le domaine
public et tendant à l'abaissement d'une bordure de trottoir permettant d'emprunter
la voie d'accès au garage d'une maison à usage d'habitation relèvent du taux
réduit lorsqu'ils sont facturés au propriétaire de la maison. Les travaux afférents
au tracé, au revêtement (enrobage, dallage et pavage) et à l'aménagement des
voies d'accès principales à la maison d'habitation peuvent, dans ces conditions,
bénéficier du taux réduit. Sont également éligibles au taux de 5,5 % : - les
bordurettes utilisées pour border ces voies d'accès, l'installation de caniveaux,
les travaux d'éclairage de l'allée, la construction de marches lorsque l'allée
est en pente. Les travaux tendant à modifier le tracé d'une allée relèvent dans
les mêmes conditions du taux réduit. En revanche, les travaux relatifs aux allées
de jardin qui ont pour seul objet de relier l'habitation au jardin attenant,
relèvent du taux normal quel que soit leur revêtement.
Travaux de clôture
L'édification d'un mur de clôture d'un terrain entourant une maison d'habitation
et la pose d'un portail sur ce terrain peuvent bénéficier du taux réduit, même
si l'acquisition de ce terrain est intervenue il y a moins de deux ans, pour
autant que la maison ait elle-même été édifiée depuis plus de deux ans. Le taux
réduit est applicable aux travaux de construction ou de réparation des murs
de clôture du jardin d'une habitation, quel que soit le type de clôture, à l'exception
des haies vives. Les travaux portant sur les murs de clôture et les portails
peuvent constituer, le cas échéant, des travaux d'urgence.
Les installations exclues
Le taux normal de TVA s'applique aux abris de jardin. A fortiori, un abri de
jardin construit dans un jardin familial ne peut pas bénéficier du taux réduit,
dès lors qu'un tel abri ne peut pas être considéré comme une dépendance usuelle
d'un logement. Est sans incidence à cet égard le fait que la construction de
l'abri de jardin soit, le cas échéant, soumise aux formalités de permis de construire.
En outre, les serres sont assimilables à des espaces verts. A ce titre, les
travaux afférents à une serre utilisée pour l'horticulture, fut-elle d'agrément,
relèvent du taux normal. En revanche, les travaux d'aménagement en salon ou
en véranda d'une serre attenante à une maison d'habitation relèvent du taux
réduit.
Piscines et autres installations sportives ou de détente
Les travaux d'installation et d'entretien d'une installation sportive ou de
détente à l'extérieur ou à l'intérieur d'une habitation (piscine, court de tennis,
aire de jeux, agrès, ...) sont exclus du taux réduit.
Éléments de décoration dans les espaces verts
Les travaux afférents aux espaces verts demeurent soumis au taux normal. Tel
est le cas des éléments de décoration (treillage, pergola...) même s'ils sont
maçonnés (fontaine, bassin, jardinières...) situés à l'extérieur des locaux
d'habitation. Il en est de même des éléments de décoration tels que des croisillons
en plastique ou en bois posés sur les murs extérieurs de logements. Le taux
normal s'applique également aux travaux d'éclairage des masses végétales.
TRAVAUX SUR RÉSEAUX
La réalisation d'une installation de captage d'eau, par le creusement d'un puits,
relève du taux réduit dès lors que cette installation est raccordée à un immeuble
à usage d'habitation achevé depuis plus de deux ans, qu'elle permet d'alimenter.
Le taux réduit s'applique également aux travaux de raccordement du puits aux
locaux d'habitation. Il est précisé que les travaux de forage de puits, sources
ou autres modes de captage d'eau peuvent bénéficier du taux réduit même si l'immeuble
d'habitation desservi est par ailleurs raccordé au réseau d'eau public. Il en
est de même pour les travaux de maintenance. Les travaux afférents aux installations
d'arrosage d'espaces verts, même intégrées, demeurent quant à eux soumis au
taux normal.
Travaux de raccordement aux réseaux publics et d'assainissement non collectif
La part privative des travaux de raccordement des locaux d'habitation achevés
depuis plus de deux ans aux réseaux publics (électricité, gaz, assainissement,
adduction d'eau, ...) facturés par les entreprises prestataires au propriétaire
ou à l'occupant des locaux relève du taux réduit. S'agissant du raccordement
au réseau d'eau, ces travaux peuvent par exemple consister en terrassement,
déblais, réfection de la chaussée, fourniture de robinetterie, ... Le taux réduit
s'applique également aux travaux de remplacement d'une pompe de cuve des eaux
usées dès lors que la pompe est étroitement liée à l'opération de raccordement
au réseau d'assainissement de locaux d'habitation achevés depuis plus de deux
ans.
Important : afin de diminuer le coût des travaux (financement partiellement
subventionné), les collectivités locales peuvent également faire réaliser ces
travaux au nom des particuliers. Dans cette situation, la collectivité se borne
à demander aux particuliers le remboursement des frais engagés pour la réalisation
de travaux leur incombant, sous déduction de la subvention éventuellement accordée.
Les travaux facturés par l'entreprise prestataire sont donc soumis au taux réduit.
Ainsi, le remboursement des frais liés aux branchements à l'égout situés sous
la voie publique exécutés par la commune soit d'office lors de la construction
d'un nouvel égout, soit sur demande des propriétaires pour les immeubles édifiés
postérieurement à la mise en service de l'égout, bénéficie du taux réduit. En
revanche, le taux normal continue de s'appliquer aux travaux immobiliers proprement
dits (construction de l'égout, de stations d'épuration...) réalisés pour le
compte de l'exploitant du service public d'assainissement (collectivité locale,
concessionnaire). Les travaux de raccordement effectués par EDF qui portent
uniquement sur le réseau public restent également soumis au taux normal. Il
en est de même des frais de mise en service, tels que les frais d'ouverture
ou la location de compteurs…